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.L'Interview... Progressive
...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... Qantice Parfois complexe, souvent technique et toujours dynamique, le Cd « The Cosmocinesy » du Groupe Français QANTICE s'avère être un délice... raffiné et délicat ! Devant une telle bénédiction auditive, nous avons souhaité en connaître plus sur la personnalité de l'Artiste méthodique, précis,... et patient qu'est le multi-instrumentiste TONY BEAUFILS. Rencontre avec un passionné d'Astronautique... un Musicien jouant avec les sons comme un enfant avec ses briques de Légo ! En route vers son Monde, son Univers, celui de QANTICE... ......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
PARIS... VILLE CULTURELLE ET METALLIQUE ! It's ShowTime: Native de la « Ville Lumière », votre formation voit le jour en 2002... et après avoir « expérimenté » vos compositions sur deux Démos (« Contours Of Quantice » et « Blooming »... en 2005 et 2006), vous sortez – enfin – votre première production ! Cette « période d'échauffement » inhabituelle est-elle due à une modification du Line-Up à travers les années / une volonté de perfectionner, à son maximum, un ambitieux Projet artistique /... ? TONY BEAUFILS : En fait, cette lenteur est due à plusieurs facteurs qui sont effectivement liés à un besoin de perfectionnement: les compositions ont été remaniées plus d'une fois, dans leurs structures, mais aussi dans leurs sonorités, lesquelles ont gagné en qualité à chaque fois que j'ai remplacé des éléments midi par de vrais instruments ou par des échantillons plus crédibles. De la même façon, étant incapable de rester à l'intérieur de mes limites techniques quand je compose, j'ai mis des années à pouvoir exécuter - correctement - certaines parties de guitare. Enfin concernant le Line-Up, la seule vraie difficulté à été de trouver une voix que je voulais bien plus mélodieuse qu'agressive. Ainsi, quand VINCE a fait son apparition, les choses ont été relativement rapides: première démo vocale en 2006, album enregistré en 2007, recherche de label en 2008, et nous voilà ! It's ShowTime: Comment le groupe s'est-il formé ? T. BEAUFILS : A l'image de tout le reste: très lentement ! (sourire) J'ai fixé 2002 comme date de naissance du groupe car c'est l'année où YOSH (Violoniste) et EPHREM CHARMOIS (premier Batteur) m'ont rejoint dans l'aventure. Puis, comme je viens de l'évoquer, il nous a fallu beaucoup de temps avant de trouver VINCE. Enfin, le dernier arrivé est Aurélien Joucla qui depuis fin 2008 remplace EPHREM. It's ShowTime: Pourquoi avoir choisi le terme « Qantice »... y aurait-il un « Scientifique caché » derrière le Multi-Instrumentiste que vous êtes ? T. BEAUFILS : Tout à fait. Peut-être même devrait-on parler de Scientifique inachevé puisque avant de découvrir la musique, je me destinais à des études tournées vers l'Astronautique (rien que ça!)... Mais quand j'ai découvert la musique, assez tard, vers dix-sept ans, un changement s'est progressivement opéré en moi. Et puis, même si l'on considère comme assez risqué, voire déraisonnable, d'espérer vivre de la musique, je pense que dans mon cas, renoncer à vouloir aller sur Mars pour monter QANTICE a été l'un des choix les plus sensés de mon existence ! Comme quoi tout est relatif ! (sourire) Mais pour en revenir à ma passion pour les Sciences, puisque l'exploration spatiale est au point mort depuis des décennies, mon intérêt s'est déplacé vers ces explorations moins concrètes mais au moins aussi intéressantes que sont l'Astrophysique, la Théorie Quantique, et plus généralement, tout ce qui a pour ambition de s'interroger sur ce qu'est le « réel »... It's ShowTime: Lorsque l'on s'attarde sur le nom de votre Groupe, on remarque que l'orthographe s'est légèrement, modifiée depuis la sortie des deux Démos... QUANTICE est, en effet, devenu QANTICE ! A quoi doit-on ce changement ? T. BEAUFILS : C'est tout simple: la première fois que j'ai lancé une recherche sur internet pour voir si le nom de groupe « QUANTICE » était ou non utilisé, il n'y avait eu aucune réponse et j'ai donc gardé ce nom.. Mais les années passant, un petit groupe nommé « QUANTICE NEVER CRASHED » a émergé et pris une telle ampleur que j'ai décidé, un beau, jour de marquer une distinction plus forte en ôtant le « u » de QUANTICE... Et puis c'était aussi l'occasion d'y mettre une petite touche d'étrange et d'anti-conformisme. Il est d'ailleurs prodigieux de voir le nombre de personnes qui ne voient pas cette absence de « u » et s'obstinent à écrire « QUANTICE »... Une jolie démonstration du fait que notre cerveau ne traite les informations que très partiellement, en faisant plus souvent appel à des modèles préexistants qu'à notre attention consciente... It's ShowTime: L'album « The Cosmocinesy » semble être l'aboutissement d'un Projet personnel de longue date ! En 2005, la première Démo contenait un « Medley » ainsi que le titre « Pirate »... et qui, un an plus tard, sera repensé sur « Blooming », votre seconde Démo. Dans un premier temps, de quoi était composée la plage « Medley » et avez-vous la sensation que « Pirate » est, en quelque sorte, le point de départ de cette « Aventure musicale » ? T. BEAUFILS : Le Medley comportait des extraits des premières versions de « Budding From The Mist », « Head Over Worlds » et « Burial Wave » mais aussi de trois morceaux qui ne figurent pas sur « The Cosmocinesy » et pour lesquels je n'ai toujours pas de titre... En tout cas, « Pirates » est effectivement le morceau le plus ancien de cet album et l'on peut donc le considérer comme son point de départ. Mais il me faut pourtant préciser que d'autres l'ont précédé dans mes balbutiements Qanticiens, souvent bien plus complexes et parfois un peu maladroits comme peuvent l'être des œuvres de jeunesse. Je compte d'ailleurs ressusciter quelques-unes de ces vieilles compositions pour le prochain album car je suis maintenant en mesure de remettre d'aplomb les passages qui ne l'étaient pas. It's ShowTime: En sachant que votre seconde Démo contenait 6 morceaux... dont 5 figurent sur la Cuvée 2009, on a l'impression que le Projet s'est concrétisé de manière posée, réfléchie,... Votre devise sera-t-elle : « Petit à Petit, l'Oiseau fait son Nid » ? T. BEAUFILS : Oui, tout à fait. Ou encore: « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », auquel ma part la plus modeste ajoute « surtout si vous êtes un musicien médiocre ! ». Mais ma part orgueilleuse s'empresse d'ajouter « à force de tâtonner à la recherche de ce qu'aurait fait quelqu'un de réellement doué, peut-être a-t-on une chance de s'en approcher... » ! It's ShowTime: Comment se fait-il que la sixième plage (« Away ») n'a pas été insérée à l'album ? T. BEAUFILS: Hé hé, encore une pirouette de dernière minute: ce morceau s'appelle désormais « The Least Worst Ending » et il figure en plage 10 sur l'album. Certains morceaux ont changé de titre trois ou quatre fois avant que je ne me dise « Voilà, c'est celui-ci le bon ! »... It's ShowTime: Pochette futuriste, scénario SF,... Comment avez-vous imaginé votre Concept-Album ? T. BEAUFILS : J'avais envie d'un Concept aussi vaste que possible, débordant de loufoqueries, de paysages et d'aventures. Non seulement il me fallait un Monde qu'on puisse explorer sans fin (une muraille infinie en bordure d'Univers), mais il fallait aussi que le champ des possibles y soit plus vaste que sur Terre (Continent et Océans volants, Technologies très avancées) A partir de là, tous les thèmes pouvaient y trouver leur place: Créatures quasi immortelles, Éclipses d'Océan, vols de Planète, Labyrinthes astronomiques... etc It's ShowTime: Comment décririez-vous l'Histoire... et le parcours de vos deux personnages principaux, Théloée et Alsrick ? T. BEAUFILS : A vrai dire, l'histoire est surtout centrée sur Alsrick, puisqu'il recherche la Planète de son amie Théloée, laquelle a disparu avec... Pour ce faire, il va commencer par infiltrer un Clan de Pirates puis mener une enquête riche en voyages et en rebondissements ! It's ShowTime: Vos Héros ont-ils, selon vous, des points communs avec d'autres protagonistes... appartenant à la Mythologie, au 7ème Art ? Et, dans la positive... pourquoi ? T. BEAUFILS : Il faudrait peut-être que je commence par expliquer qu'Alsrick et Théloée sont des Mégantropes (Grands Hommes d'après l'étymologie grecque), des Êtres doués d'une capacité à modifier la matière à distance, y compris celle de leurs propres corps. Ceci leur ouvre évidemment beaucoup de perspectives à commencer par celle de créer des copies de sauvegardes d'eux-mêmes et de repousser indéfiniment l'heure de leur décès. Ainsi, on pourrait être tenté de les comparer à des Dieux Antiques dans la mesure où aucune transmutation d'objets ou de personnes ne leur semble, a priori, impossible. Mais il est tout de même à noter que ces Pouvoirs ne sont que des outils: un Mégantrope ne peut réagencer un mécanisme que s'il en connaît le fonctionnement et la disposition moléculaire jusque dans les moindres détails. La vie d'un Mégantrope passe, donc, d'abord par une patiente acquisition de savoirs. Ce sont un peu comme des Jedi, mais bien plus tournés vers la création que vers la fonction de « Gardien de la Paix Galactique ». It's ShowTime: Lorsque l'on surfe sur votre Site (ou la « Page Web » de MySpace : http://www.qantice.com/videos.html ), on découvre un Clip Promotionnel... étonnant et original ! Imbriquer les illustrations de NEIL MacCORMACK dans des images appartenant à des œuvres cinématographiques comme « Iron Man » de JON FAVREAU, « Dark Crystal » de JIM HENSON, « Starship Troopers » de PAUL VERHOEVEN,... « Pirates Of The Caribbean » de GORE VERBINSKI n'est pas une chose courante !!! Comment l'idée a-t-elle germé ? Et quelles sont les autres « hommages » présentés dans le Clip ? T. BEAUFILS : S'agissant des autres films, il y a aussi « Legend Of Zu » de TSUI HARK, « Star Wars II: The Clone Wars », « Star Wars IV: A New Hope » de GEORGE LUCAS, « The Mummy » de STEPHEN SOMMERS et « The Never Ending Story » de WOLFGANG PETERSEN. A vrai dire, au départ, c'est un détournement d'une scène de « Conan The Barbarian » par mon ami JOHN LANG (auteur du « Donjon de Naheulbeuk ») qui m'a donné l'idée de ce Clip. En changeant la voix des personnages, il a transformé la scène en une Bande Annonce pour un Concert que le NAHEULBAND va donner à l'Élysée Montmartre en septembre. Et tout à coup, je me suis dit que l'idée était à reprendre pour annoncer d'une manière amusante la sortie du Cd de QANTICE. La première idée avait été de détourner quelques scènes tirées de « Star Trek » ou de « Galaxy Quest » pour montrer un Équipage de l'Espace découvrant le Monde de QANTICE sur son écran. J'ai donc commencé le travail en glanant toutes sortes de scènes qui pourraient coller à des extraits de l'album. Les réactions de l'Équipage devaient être insérées par la suite. Mais, après deux semaines passées à cette première tâche, je me retrouvais déjà avec plus de trois minutes de ce Monde « Pseudo Qanticien » et j'ai décidé de faire un premier montage de ces scènes entre elles pour voir ce que cela donnait. Et le résultat était tellement séduisant que je l'ai montré à ALAIN RICARD qui a, lui aussi, été charmé et n'a vu aucune objection a ce que je le diffuse tel quel. It's ShowTime: A l'heure à laquelle on fait la « Chasse aux Pirates », avez-vous rencontré des difficultés à utiliser les images de ces films ? T. BEAUFILS : Non aucune. Et vu le nombre de personnes qui m'ont dit « ton Clip m'a donné envie de revoir tel ou tel film » ou encore « Tiens, je ne le connaissais pas celui-là. Il faudra que je le voie », je pense que cette séquence fait autant de publicité pour ma musique que pour les films auxquels j'ai emprunté des séquences de quelques secondes à peine. Maintenant, si les ayant-droit de ces films voient les choses différemment, je supprimerai cette Bande Annonce, tout simplement... It's ShowTime: Paris – Ville Culturelle, par excellence – offre de belles opportunités promotionnelles aux Artistes connus et/ou reconnus par la masse. Qu'en est-il pour une jeune (mais brillante) formation telle que la vôtre ? Est-ce difficile de s'y faire une réputation ? Les Médias spécialisés aident-ils les nouveaux Groupes ou s'attardent-ils, simplement, à promouvoir le matériel qui sort chez les Majors ? T. BEAUFILS : Je pense qu'il est encore trop tôt pour répondre à une telle question car l'album n'est sorti que depuis trois mois et QANTICE ne fait pas encore de Concert. Donc hormis auprès des fans du NAHEULBAND qui entendent parler de QANTICE depuis des années par mon intermédiaire, nous sommes encore de parfaits inconnus. De plus, j'avoue ne pas m'être du tout penché sur les éventuelles opportunités parisiennes: pour le moment je concentre l'effort de promotion sur le Net ! Rien que sur Myspace ( http://www.myspace.com/qantice ) et les forums spécialisés, il y a énormément de contacts à se faire, d'émissions radios, de podcasts ou de webzines internationaux à séduire... S'agissant des médias spécialisés, nous trouvons surtout du soutien dans les petites ou moyennes structures qui laissent s'exprimer de vrais passionnés. A l'heure où je parle, les plus gros n'ont pas encore réagi, à l'exception de Metal Obs' - magazine distribué dans les magasins Fnac à plus de 10000 exemplaires - qui vient de publier une chronique dithyrambique dans son numéro de juin et prévoit une interview pour le prochain. AMOURS...DU CINEMA FANTASTIQUE ET DE LA MUSIQUE ! It's ShowTime: A travers votre écriture et votre Clip promo, on a la sensation que vous êtes sensible aux Arts du Fantastique... et, plus précisément, de la Science-Fiction. Qu'en est-il exactement ? T. BEAUFILS : Eh bien, la Science Fiction est, en effet, pour moi une passion presque aussi ancienne que celle des Sciences dont j'ai parlé auparavant. Pendant toute mon enfance et mon adolescence, n'ayant eu d'intérêt que pour ce qui pouvait me faire partir dans les Étoiles, j'ai dévoré tout ce qui me tombait dans les mains, qu'il s'agisse de Films, de Séries Télévisées ou de Livres... It's ShowTime: Au niveau Cinématographique, quel serait votre « Tiercé Gagnant » ? Et que pensez-vous du Come-Back, sur les écrans, de l'incontournable Spock dans « Star Trek » ? T. BEAUFILS : Je vais commencer par « The Empire Strikes Back », que j'ai vu au cinéma à dix ans et qui m'a complètement bouleversé. A cet âge, j'étais encore capable de m'immerger à 100% dans une Fiction et les impressions que je garde de ce voyage me semblent aussi fortes que si j'étais vraiment parti pour l'Espace ce soir là... Ensuite, je vais faire simple en nommant les deux autres volets de cette première Trilogie « Star Wars » car c'est auprès de ces films que j'ai connu le plus d'émotions. Mais mes goûts sont en évolution constante, et sans renier mes rêves d'enfance que furent « The Never Ending Story » de PETERSEN, « Back To The Future » de ZEMECKIS ou « Starfighter » de NICK CASTLE, j'aurais aujourd'hui plutôt tendance à me tourner vers des films comme « The Man From Earth », « Cube » ou « Contact » où la composante merveilleuse est - quasiment - absente de l'image pour n'en être que plus fortement suggérée. Quant à Monsieur Spock, bien qu'ayant de la sympathie pour le personnage et les superbes trouvailles de la première Série « Star Trek », j'avoue n'avoir jamais été charmé par les long métrages. Je ne me suis donc pas rué sur ce ce nouvel opus, d'autant que j'ai désormais perdu toute indulgence vis à vis du conformisme affligeant de la majorité des scénarii américains grand public... Ceci dit, je pense que je le verrai tout de même tôt ou tard par curiosité, car je sais que ce n'est pas bien de préjuger d'un film dont on ne sait rien ! It's ShowTime: Au niveau Littérature, par quel Auteur êtes-vous séduit et pourquoi ? T. BEAUFILS : Le pourquoi est à peu près toujours le même: j'aime être au contact d'une pensée puissante et cohérente, que ce soit pour proposer un regard sur les ressorts du Monde (BALZAC, VOLTAIRE, CELINE, UMBERTO ECO,...) ou pour en imaginer d'autres (JULES VERNE, JACK VANCE, SERGE BRUSSOLO, ASIMOV,...). Mais je suis bien incapable de dire lequel me séduit le plus, car chez moi, c'est aussi variable que le temps qu'il fait: en ce moment, je suis dans une Série BALZAC, mais il y a quelques mois, j'étais plongé dans les Polars de FRED VARGAS ou GASTON LEROUX... It's ShowTime: Quel regard portez-vous sur les Histoires, Récits, Nouvelles et la carrière de STEPHEN KING ? Est-ce que les écrits de ce « Maître du Fantastique » pourraient devenir une source d'inspiration pour votre musique ? T. BEAUFILS : S'agissant de sa carrière, je risque de faire la même réponse que pour Spock, à savoir: « c'était mieux au début ». Mais il est assez rare qu'un artiste ne s'essouffle pas, surtout quand il est astreint à une productivité frisant le ridicule. Je me souviens que lui même a confessé dans un de ses prologues que l'« Acte de Foi » qui guidait autrefois son écriture était de plus en plus difficile à trouver... Ainsi, j'ai beaucoup aimé ses premiers écrits d'angoisse dans le style de « The Long Walk » (traduit, en français, par « Marche ou Crève »), « Cujo » ou « Mysery », ainsi que ses oeuvres plus épiques que sont la saga de la « The Dark Tower » (« La Tour Sombre ») ou « The Stand » (« Le Fléau »). Puis je me suis lassé de ce qui a suivi... Côté inspiration, c'est plutôt du côté des deux dernières oeuvres qu''il faudrait chercher d'éventuels rapprochements avec les aventures Qanticiennes: grands Espaces inconnus, personnages nombreux, quêtes étranges... It's ShowTime: ... plutôt STEPHEN KING ou CLIVE BARKER ? T. BEAUFILS : Je ne connais qu'une seule oeuvre de CLIVE BARKER, et encore, au travers d'un film: « Nightbreed » (« Cabal »)... qu'il, lui-même, réalisé en 1990. J'en ai aimé le principe qui montrait, à la manière de « Elephant Man », que les Monstres ne sont pas forcément ceux que l'on croit ! Mais je n'ai pas creusé plus avant, sans doute à cause de l'étiquette « Horreur » qui colle à cet Auteur, un Genre qui ne m'a jamais profondément intéressé. Bref, je choisis STEPHEN KING, mais c'est faute d'être en mesure de comparer... It's ShowTime: Musicalement, vos compositions possèdent une identité Metal Symphonique... teintée d'une touche « Prog » ! Comment classeriez-vous votre musique et avez-vous le sentiment d'appartenir au mouvement « Progressif »... où, très souvent, l'Artiste « construit » un Monde imaginaire, énigmatique, poétique et l'imbrique dans une œuvre auditive scénarisée ? T. BEAUFILS : Il me semble en effet que QANTICE répond suffisamment aux définitions du progressif pour qu'on puisse l'assimiler à ce mouvement. Cependant, la majeure partie de mes influences vient d'autre horizons comme le Heavy Mélodique, les musiques anciennes ou la musique de film et je serais bien incapable de « classer » ce mélange qui s'efforce justement de ne tomber dans aucune ornière prédéfinie. It's ShowTime: Qui dit « Prog » pense, immédiatement (et souvent à tort !), à un Monde Féerique, des Histoires Fantastiques, des Combats Extraordinaires,... bref, un Univers permettant à l'imaginaire de prendre vie ! Qu'en pensez-vous ? T. BEAUFILS : Bien que par goût, j'aie moi-même recours à un certain nombre de ces ingrédients, j'admets qu'il existe bien d'autres manières de donner des ailes à l'imaginaire. Certains groupes « Prog » ont parfois touché à la Sociologie, à la Psychologie ou au Polar.. Et c'est une très bonne chose. It's ShowTime: Quelles formations vous ont-elles influencés ? T. BEAUFILS : C'est d'abord le Métal Mélodique qui m'a amené à la musique: IRON MAIDEN, HELLOWEEN, GAMMA RAY, SCANNER, RAGE... J'ai même eu une petite période METALLICA. Mais, en parallèle, je découvrais aussi le Métal Néoclassique d'YNGWIE MALMSTEEN ou de TONY MacALPINE, lequel m'a communiqué l'envie de découvrir le Classique. Plus tard, j'ai commencé à me nourrir du Prog Métal d'ANGRA, SYMPHONY X ou DREAM THEATER. METHODE DE TRAVAIL... It's ShowTime: Sept années d'existence, une seule production... mais quel album ! Comment exposeriez-vous votre manière bosser ? T. BEAUFILS : Une manière très lente, très anarchique... D'autant que que certaines de mes compos remontent à plus de sept ans. Pour donner une image, je joue avec les sons comme un enfant avec ces briques de Légo: patiemment, jour après jour, j'assemble et je désassemble des notes et des harmonies jusqu'à ce que jaillisse devant moi une forme qui me séduise, qui m'apparaisse comme évidente et imperfectible. Avec le temps, j'ai de plus en plus de facilités à anticiper, à entendre par avance la musique dans ma tête mais mes débuts furent plus que laborieux... It's ShowTime: Appartenez-vous à ce type d'Artistes qui ont besoin d'établir un Plan de Travail ? T. BEAUFILS : Jusqu'à aujourd'hui, j'avoue que je me suis plutôt laissé guider par mes instincts, ce qui n'est certainement pas la meilleure méthode, surtout quand on construit des oeuvres d'ampleur pharaonique... A l'avenir, je ne sais pas si j'irai jusqu'à tout planifier car ce serait trop contraire à ma nature, mais j'ai certes besoin d'apprendre à me discipliner un minimum si je ne veux pas mourir en laissant derrière moi quatre-vingt dix pourcent de morceaux inachevés. (sourire) It's ShowTime: Vos textes sont-ils influencés par les films de vous voyez, les ouvrages que vous lisez... ou, davantage, par le quotidien ? T. BEAUFILS : Les films et les auteurs que j'ai auparavant cités, et en particulier ceux consacrés à l'imaginaire, ont largement influencé les textes de QANTICE, c'est certain ! Quant au quotidien, s'il y a joué un rôle, ce sera plutôt par effet répulsif car il est bien peu d'endroits où je me sente à ma place dans cette société et n'étant pas de nature à me bagarrer pour imposer ma volonté, j'ai choisi de lever le camp et de bâtir mon Monde à l'écart... It's ShowTime: En tant que Compositeur principal et Multi-Instrumentiste, par quoi débutez-vous – généralement – une nouvelle composition ? Les premières lignes influencent les accords... ou inversement ? T. BEAUFILS : C'est quasiment simultané car en général, tout démarre d'un air que je vais fredonner ou siffler en m'accompagnant à la guitare. Mais étant donné que mon intérêt premier va aux mélodies, on peut tout de même dire que se sont les accords et plus généralement la rythmique qui se mettent au service d'un thème et non l'inverse. It's ShowTime: A quel moment contactez-vous les autres musiciens pour peaufiner la compo ? Vous apportent-ils des idées / vous proposent-ils, parfois, une orientation à suivre /.... ? T. BEAUFILS : Le scénario est à peu près le même pour chacun d'entre eux: j'attends qu'un maximum d'éléments soit en place pour qu'ils aient une idée du tout, et je leur propose la ligne que j'ai imaginée pour leur instrument, que ce soit voix, violon, ou flûte... A partir de là, tout est modifiable en théorie. Je dis en théorie car évidemment, quand je suis affectivement lié à un air qui m'habite depuis des mois, il est assez difficile de m'en faire changer une seule note! Mais il est tout de même arrivé plus d'une fois que VINCE ou YOSH me proposent des variations bien plus jolies que ce que j'avais imaginé, et bien sûr on les a gardées. Il va également de soi qu'il faut toujours essayer de ramener la tonalité au plus près de ce qui est confortable pour l'interprète, et minimiser les tours de force techniques. Mais sur ce dernier point, les membres de QANTICE étant tous des amateurs de défis, il est bien rare que l'un d'entre eux se résigne à faire marche arrière... It's ShowTime: Contrairement à MALMSTEEN & Cie, vous êtes « ouvert » aux idées des autres... tout en ayant le contrôle des ficelles de « votre » œuvre. Quelles étaient, par exemples, les propositions de vos musiciens... et, plus précisément, de YOSH (avec son approche « plus Classique ») que vous avez acceptées ? TONY BEAUFILS : Eh bien je crains d'avoir quelques difficultés à répondre à cette question car l'approche classique de YOSH consiste justement à vouer le plus grand respect au Compositeur et à se plier à tous ses caprices! Bien sûr, j'exagère un peu, mais globalement, c'est vrai qu'elle met toujours un point d'honneur à essayer de réussir une ligne de Violon que j'ai composée, aussi mal fichue soit-elle. Bien sûr, quand les doigtés s'avèrent totalement inhumains, nous n'avons pas d'autre choix que de tout modifier. Et sur un plan plus artistique, comme j'ai parfois tendance à faire partir mes mélodies assez haut dans les aigus, YOSH m'a souvent proposé de les baisser d'une octave pour les rendre moins grinçantes. La même chose s'est d'ailleurs produite avec VINCE dont les lignes de chant ont été descendues (eh oui, parfois c'était encore plus haut que ce qu'on entend sur le Cd !) ou légèrement modifiées. Parfois, aussi, il nous a fallu renoncer à une note pour lui laisser un temps de respiration... petit détail auquel je ne pensais pas toujours, avant de le rencontrer. Et pour donner un exemple plus précis qui me revient en mémoire: c'est lui qui a tenu à chanter sur la partie rapide et qui apparaît dans la seconde moitié de « The Hero That You Need ». À la base, ce passage était purement instrumental, et j'ai trouvé intéressante son idée d'en faire une sorte de second refrain. Et cela m'a également permis d'ajouter d'importantes lignes de texte détaillant un peu plus les malheurs d'Alsrick... It's ShowTime: Comment analyseriez-vous votre processus d'écriture... est-elle personnelle ou collégiale ? T. BEAUFILS : Avant tout personnelle, c'est indéniable. Je fonctionne comme un réalisateur qui donne corps à une vision et je ne m'entoure que de musiciens qui se sentent à l'aise avec ce principe. Ensuite, comme je viens de l'expliquer, je m'efforce aussi d'être à l'écoute de leurs objections et de leurs idées, comme un metteur en scène se doit de le faire sous peine de son œuvre en péril... It's ShowTime: En tant que formation « Made In France », pourquoi avoir opté pour l'anglais (le langage du Rock) plutôt que la « Langue de Voltaire »... de plus en plus utilisée dans le Metal ? T. BEAUFILS: Tout simplement parce que c'est la langue la plus connue auprès du public Rock mondial et donc la manière la plus efficace de faire connaître le Monde de QANTICE au plus grand nombre. En revanche, c'est en français qu'a été écrit le Roman de QANTICE. Et nous laisserons à d'autres le soin de le traduire... It's ShowTime: La langue anglaise permettrait-elle de mieux scénariser les Histoires ? T. BEAUFILS : Non, je ne pense pas. A vrai dire, les évènements qui se déroulent dans l'univers de QANTICE ont pris naissance sous forme d'images dans ma tête. Et la langue qu'on y parle n'est ni l'Anglais, ni le Français. Dans tous les cas, il s'agit donc de traductions. It's ShowTime: Derrière chaque artiste se cache un Citoyen avec des convictions, des idées,... Avez-vous, comme de nombreuses formations (NO ONE IS INNOCENT, RAGE AGAINST THE MACHINE,... TRUST, dans un lointain passé), l'impression qu'un Artiste a, aussi, une autre « Mission » : conscientiser celui qui écoute ce qu'il a créé ? T. BEAUFILS : Pour ma part, je pense qu'il y a, au minimum, un exemple à donner, et au mieux quelques questions à soulever. Cependant, je ne me fais pas trop d'illusions quant à l'influence que peut avoir un Groupe, aussi énervé soit-il. Il me semble qu'il va surtout conforter dans leurs opinions des fans déjà convaincus et, dans le meilleur des cas, leur servir d'étendard - ce qui est déjà mieux que rien pourra-t-on me rétorquer. Du côté de QANTICE, le parti pris est d'ignorer somptueusement les problèmes du Monde actuel et d'essayer d'en proposer un qui soit plus beau, plus harmonieux, mieux construit. Là encore, c'est bien peu de chose, mais c'est toujours mieux que rien... It's ShowTime: Ce qui pourrait être le véritable (voire le seul) malheur d'un Artiste, c'est de réaliser quelque chose sans inspiration... Partagez-vous ce point de vue et n'avez-vous pas l'impression que, au fil des années, certains Artistes reconnus (et parfois vénérés à travers le monde) se contentent de prester le « minimum syndical »... et perdent, ainsi, leur crédibilité artistique ? TONY BEAUFILS : Tout à fait d'accord. Et je pense que ce genre de problème devient majeur quand l'Artiste cède à la pression des commerciaux qui l'entourent: leur calcul est qu'on fait plus d'argent en sortant souvent des « produits » de qualité moyenne plutôt qu'en s'attardant trop longtemps à vouloir enrichir la même œuvre... Ceci dit, je ne jette la pierre à personne car la crise du disque décourage beaucoup ce genre d'efforts, du moins pour les Artistes qui ont peu de moyens, et il n'y a plus que des illuminés dans mon genre pour négliger l'aspect financier et prendre le risque de sortir un Cd dont les ventes couvriront à peine le coût de la pochette... Mais tans pis pour moi. (sourire) It's ShowTime: Dans le même ordre d'idée, ne pensez-vous pas qu'un Artiste qui débute possède toute l'énergie, le courage, la volonté,... afin de « bouleverser » les lois du milieu ? TONY BEAUFILS : Oui, et l'insouciance aussi ! Pour ne pas dire l'inconscience. Personnellement, j'avoue que je suis bien content d'avoir somptueusement sous-estimé tout le travail qui m'attendait avant de faire aboutir ce premier album, sans quoi j'aurais peut-être hésité à me lancer. Car il existe effectivement une loi qui peut s'appliquer à tous les domaines de l'existence: en général le jeune ne sait pas grand-chose mais il a la foi qui déplace les montagnes; et le vieux, de son côté, en sait à peine plus, mais suffisamment pour savoir ce que coûte un risque mal calculé. It's ShowTime: Finalement, tout comme le jeune Milicien qui s'intéresse à la Politique et qui espère faire changer les choses, l'Artiste est... au plus profond de son âme un Révolutionnaire ! Partagez-vous cet argument? TONY BEAUFILS : Généralement, oui. Mais on peut aussi poursuivre ce parallèle en rappelant que dans les deux cas, il ne suffit pas à une idée d'être neuve pour être meilleure que les précédentes. Du moins, en Art, j'aurais tendance à accorder plus de valeur à un Peintre qui s'inscrit avec élégance dans la tradition classique et son cortège de contraintes techniques, pour somme toute, n'y ajouter qu'un zeste de nouveauté, tandis que le génie qui a eu la grande idée de faire des « tableaux » à partir de déjections d'oiseaux aura plus de mal à me séduire... Mais à ce stade, la question est plutôt de savoir ce qui motive notre Artiste, et ce qui l'émeut. Parmi l'éventail des réponses possibles, on peut effectivement trouver la « Révolution » mais je trouve intéressant et heureux qu'il en existe d'autres. Ensuite, c'est à chacun de composer son menu... THE COSMOCINESY... L'ABOUTISSEMENT D'UNE IDEE, D'UN REVE ARTISTIQUE ! It's ShowTime: Y a-t-il eu des changements de musiciens depuis 2002 ? T. BEAUFILS : Un seul: AURELIEN JOUCLA a récemment remplacé EPHREM CHARMOIS à la batterie, ce dernier ne pouvant plus se rendre aussi disponible que par le passé. It's ShowTime: Comment avez-vous croisé le chemin de votre Chanteur VINCE, de la Violoniste YOSH OTIAS et du Batteur AURELIEN JOUCLA ? Musicalement, quel est leur itinéraire respectif ? T. BEAUFILS : J'ai recruté YOSH et VINCE par annonce dans des magazines Métal, et j'ai trouvé AURELIEN grâce à sa page Myspace où figurent des vidéos montrant la grande étendue de son jeu ( http://www.myspace.com/styleone ). Côté itinéraire, ce dernier a pris des cours pendant ses jeunes années et multiplié les expériences dans des Groupes allant du Jazz au Métal le plus extrême. YOSH, quant à elle, est le premier violon d'un Orchestre Symphonique de la région parisienne nommé « ODYSSEE SYMPHONIQUE ». Donc inutile de dire qu'elle est issue de l'enseignement le plus Classique. S'agissant de VINCE, il fut autrefois le Chanteur de BIOMECH RACE, la formation dont KEVIN CODFERT était Claviériste avant de rejoindre ADAGIO. Il a également suivit des cours particuliers de chant lyrique et fut récemment diplômé de la MAI... une École de Musique basée à Nancy ! En parallèle de QANTICE, il est aussi la voix de AGONE ANGEL, un Band mélangeant Métal et Musique Électronique. It's ShowTime: Mis à part le Line-Up de base, QANTICE a bénéficié de l'aide d'Artistes extérieurs... Vous connaissiez-vous, déjà, auparavant ? Les avez-vous contactés... ou voulaient-ils, tout simplement, participer au Projet ? T. BEAUFILS : C'est un peu tout cela à la fois: j'ai connu la plupart de ces invités dans les formations Folk / Tradionnel ou Métal qui ont jalonné mon parcours. Il m'a donc suffi de les contacter, ou parfois plus simplement, de profiter d'une visite qu'ils me rendaient pour leur coller un micro sous le nez et leur voler une heure ou deux de leur temps. (sourire) It's ShowTime: L'enregistrement du Cd a été conçu à Montreuil. (Dans quel Studio ?) Combien de temps a-t-il fallu pour immortaliser les 10 compositions ? T. BEAUFILS : Le Studio en question n'est rien d'autre que l'endroit où je vis. Tout l'album a été enregistré avec mon PC, une bonne carte son, et une paire de micros. Cette partie aura duré huit ans en tout, de quoi me permettre de tâtonner, d'hésiter, et de reprendre ces morceaux autant de fois que nécessaire... It's ShowTime: Faire un Cd chez soi... avec - en finalité - un tel son, peut paraître étrange ! D'autant plus étrange que certaines formations exigent d'immortaliser leurs morceaux à l'autre bout du monde... pour, qui sait, « visiter » les Studios mythiques anglais, américains,... Finalement, en bossant chez vous, vous ne dépensez pas d'énergie polluante... et êtes, sans le vouloir, un « Musicien Écologiste » !!! TONY BEAUFILS : Oh, il est clair qu'en étant pauvre, j'ai forcément un comportement exemplaire en matière de comportements polluants... Maintenant, reste à savoir si je ne me laisserais pas moi aussi aller à quelque caprice si j'en avais les moyens... De toute façon, avec l'essor de la MAO (Ausique Assistée par Ordinateur), le monde des grands Studios est amené à réduire son activité dans l'avenir... Je pense qu'ils continueront à être indispensables pour rendre des services de grande qualité, comme par exemple enregistrer de grands ensembles, mais avec la généralisation de l'enregistrement fait maison, il n'y aura bientôt plus que quelques poignées d'Artistes au monde qui voudront (et pourront) se payer le luxe de sortir de chez eux pour faire leurs albums. It's ShowTime: Dans le long-métrage « The Age Of Stupid », la Réalisatrice FRANNY ARMSTRONG dénonce le « je m'enfoutisme » des Grands de ce Monde... pour la sauvegarde de la Nature. A travers les paroles de son personnage (un Archiviste vivant en 2055), l'Acteur PETE POSTLETHWAITE interroge le spectateur de la manière suivante: « Pourquoi n'avons-nous pas empêché le changement climatique tant que nous le pouvions ? ». Comment percevez-vous l'implication idéologique de personnes comme FRANNY ARMSTRONG, MICHAEL MOORE,... ou, également, YANN ARTHUS-BERTRAND (d'une manière plus lisse et davantage médiatisée) pour que le « commun des mortels » quitte sa carapace de « témoin silencieux »... pour se métamorphoser en « citoyen responsable » ? TONY BEAUFILS : Je n'ai pas vu « The Age Of Stupid », mais connaissant un peu le message des autres personnes citées, je ne peux qu'adhérer à cette vision: je pense que l'homme ne s'inquiétera vraiment de la montée des océans que quand sa cave sera inondée parce qu'il accorde un plus grand prix à sa réserve de vin qu'à la survie des Espèces, y compris la sienne. C'est ainsi... Mais pour en revenir à ces journalistes, tant mieux s'ils arrivent à limiter la casse en réveillant les consciences. De toute façon, je ne me fais aucune illusion: l'Humanité devra bientôt faire face à de graves problèmes et il est préférable de s'y préparer... It's ShowTime: Après avoir écrit les premières lignes musicales en 2005, les avoir réactualisées en 2006 et échafaudé – minutieusement – d'autres paragraphes à votre Concept-Album, étiez-vous stressé lors des « Premières Contractions » en Studio ? T. BEAUFILS : Les choses ne se sont pas présentées ainsi car les premières ébauches de « Pirates » remontent à 1999 et j'ai très vite commencé à y enregistrer quelques guitares témoins et d'autres instruments au hasard des disponibilités de mes comparses ou de leur arrivée dans le Groupe. Il m'est impossible de dénombrer combien de fois j'ai effacé et recommencé certaines parties, ni de situer précisément dans le temps la naissance des autres compositions. Bref, cet album est né dans le désordre le plus total et les Démo de 2005 et 2006 ne sont que des « clichés » de l'état des travaux à un instant donné. Si stress il y a eu, ce fut uniquement deux mois avant de commencer les mixages avec KEVIN, car il n'était alors plus question de remettre à plus tard telle ou telle amélioration: tout ce qui ne serait pas parfait au terme de ce délai ne pourrait plus jamais l'être... La panique qui en a résulté m'a fait m'enfermer pendant ces huit semaines pour travailler 14 heures par jour. It's ShowTime: De Montreuil, QANTICE s'est rendu à Nanterre pour mixer la production... puis a traversé la frontière pour affiner le boulot au House Of Audio de Karlsdorf. Pouvez-vous nous en dire plus à ce propos... et préciser le pourquoi de cet exode en Allemagne ? T. BEAUFILS : Si j'ai effectivement assisté quotidiennement à chaque étape du Mixage dans le Studio de KEVIN à Nanterre, il n'en fut rien pour le Mastering: pour cette ultime étape il nous a suffi d'envoyer par courrier l'album mixé sur un simple Cd et de nous en remettre à l'oreille experte des ingénieurs du son de House Of Audio qui sont tout simplement parmi les meilleurs au monde pour mettre en forme ce genre de Métal. Ils ont à leur actif des groupes comme ANGRA, EDENBRIDGE, SILENT FORCE ainsi que la plupart des productions de KEVIN: ADAGIO, MYRATH, VENTURIA... De plus, pour avoir déjà assisté au Mastering d'un autre album, en France, je sais combien ma présence eût été superflue à Karlsdorf, tant les finesses du Mastering échappent à mon oreille et donc à mon jugement... It's ShowTime: Sans conteste, QANTICE a le souci de l'esthétisme... tant au niveau sonore que visuel. Comment avez-vous fait la connaissance de votre Illustrateur... et comment a-t-il accepté de travailler avec un Band français... lui qui est installé à Genève ? T. BEAUFILS : NEIL MacCORMACK est, en fait, un Anglais qui a émigré en Suisse. Il n'avait jamais réalisé de couverture de disque auparavant et je c'est notamment l'envie d'essayer quelque chose de nouveau qui l'a poussé à accepter ma demande. De mon côté, trouver un Illustrateur ne fut pas chose simple: ayant eu d'emblée la « vision » d'une scène qui aurait l'air sortie tout droit d'une production de GEORGE LUCAS, j'ai parcouru internet à la recherche d'Artistes 3D capable de ce genre de choses. Après beaucoup d'emails restés sans réponse, j'ai enfin eu celle, positive, de NEIL. Et le travail s'est entièrement fait par le Web: j'ai guidé la construction de cette image, d'abord en lui fournissant un vague croquis de mon Vaisseau principal, puis en l'assommant d'instructions précises sur l'Univers de QANTICE. Je dois également préciser que bien plus tard, un travail de post-production a été réalisé par l'Illustrateur Belge ZeMiaL qui y a ajouté une multitude de détails et de filtres atténuant certains aspect encore froids et un peu artificiels de la première mouture 3D. It's ShowTime: Tout au long de ce Conte futuriste, « The Cosmocinesy » abreuve l'auditeur de nombreuses atmosphères... où se mêlent une sensation d'Aventure, d'optimisme, de délires, d'envolées lyriques époustouflantes et poétiques. N'avez-vous pas le sentiment d'avoir, en « dynamisant » au maximum l'Histoire, été influencé par la manière de procéder d'un Réalisateur de Film... une personne qui suit – scrupuleusement – son Story-Board ? T. BEAUFILS : Oui, c'était bien l'effet recherché: nous commençons par une présentation de l'intrigue alternant contemplations et envolées aventureuses, puis, au milieu de l'album, nous basculons vers des ambiances plus pessimistes, lesquelles débouchent ensuite vers les explosions d'un dénouement rétablissant l'équilibre, tout en laissant assez d'ouverture et de mystère... pour le prochain épisode... It's ShowTime: Que signifie... « The Cosmocinesy » ? T. BEAUFILS : En grec « cosmos » désigne l'Univers, et « kinesis » le Mouvement. Donc, comme l'indique d'ailleurs le sous titre du livret et du futur Roman, ce terme désigne « Les Remuements des Mondes ». Ce pluriel est indispensable pour signifier d'une part que plusieurs Mondes se côtoient sur Qantice, mais aussi que leurs mouvements sont multiples: changements internes, ou bien les uns par rapports aux autres. It's ShowTime: Y aurait-il un message caché dans la Quête du duo héroïque ? T. BEAUFILS : Comme dans beaucoup de Récits Epiques, il y a bien sûr dans cette histoire quelques tentatives de s'interroger sur le sens de l'existence. Mais je parlerais moins de « message caché » que de « niveaux de lecture », permettant à chacun de percevoir tel ou tel aspect de la pensée des auteurs, à savoir MARIE FONTAINE et moi-même. D'ailleurs, vu nos personnalités, il y a probablement plus de doutes que de certitudes à en retirer... It's ShowTime: Quelle est la principale réflexion de cette « aventure futuriste » ? T. BEAUFILS : Je dirais qu'elle essaie de poser la question suivante: des personnes et des civilisations ne doivent-elles pas nécessairement mourir pour que d'autres puissent naître, qu'elles soient meilleures, pires, ou tout simplement différentes ? Et si la vraie « mort » n'était pas le décès mais la stagnation ? It's ShowTime: Le Futur de notre Planète est-il, pour vous, plutôt sombre (réchauffement climatique, pollution,... mondialisation) ou optimiste ? T. BEAUFILS : D'après moi, il va être de plus en plus sombre dans un premier temps mais le moment viendra où les choses rentreront dans l'ordre: ou bien l'Homme évoluera dans ses comportements, ou bien il disparaîtra et la Planète pourra respirer de nouveau. Le secret de mon optimisme, c'est de ne pas considérer l'Être Humain comme l'Être le plus abouti ni le plus indispensable de l'Univers... It's ShowTime: Lorsque l'on pose à un Artiste quelle est la composition dont il est le plus fier, il a pour habitude de répondre : « Celle que je n'ai pas encore réalisée... » ! Quel titre vous procure une grande satisfaction ? T. BEAUFILS : Question difficile car je considère « The Cosmocinesy » comme un tout. Mais s'il faut vraiment choisir, je pense que « Head Over Worlds », avec son intro « Budding From The Mist » est la combinaison la plus riche de tout ce que j'aime en musique: un enchaînement de paysages bigarrés, frénésie de mélodies et de rythmes exaltés... It's ShowTime: Le 25 Septembre 2009 est une date que QANTICE ne risque pas d'oublier de sitôt ! Être programmé sur les Ondes Radio de / et par l'incontournable BRUCE DICKINSON, cela doit procurer quelques frissons... beaucoup de joie et de fierté ! Pouvez-vous nous en dire davantage... TONY BEAUFILS : Effectivement, l'annonce même de cette diffusion nous a procuré beaucoup de fierté. En envoyant un Cd à cette émission, mon espoir était tout de même assez mince de retenir l'attention de ce véritable « Pape du Metal ». Anecdote amusante: après un survol du livret, BRUCE s'est répandu en interprétations délirantes sur les concepts qui y sont présentés, mélangeant allègrement Ergomates, Mégantropes et théorie quantique jusqu'à imaginer la « Qantice Washing Machine », un lave-linge quantique qui envoie les vêtements dans d'autres dimensions... (sourire) Je me suis alors senti le devoir de lui envoyer un email pour le remercier de la publicité faite à nos machines à laver, tout en lui proposant de nous servir de leurs générateurs d'improbabilité quantique pour créer les 48 albums frères de « Seventh Son Of A Seventh Son » à savoir: « Third Son Of A Sixth Son », « Second Son Of A Fourth Son »...etc.; message qu'il s'est bien sûr empressé de lire à l'antenne quelques temps après à ma plus grande joie ! Ceci dit, il ne faut pas s'emballer: même si Monsieur DICKINSON sait que QANTICE existe, il ne nous a pas encore demandé de faire la première partie d'IRON MAIDEN, et, à ma connaissance, nous n'avons même pas de distributeur au Royaume Uni... Autrement dit, plus que jamais, il nous faut travailler, tourner, et faire connaître QANTICE dont les machines à laver viennent à peine d'atterrir sur Terre... It's ShowTime: Présenter l'album sur les planches, est-ce – déjà – à l'ordre du jour ? Si votre Set-List devrait être composée de reprises... à quels titres penseriez-vous ? T. BEAUFILS : C'est à l'ordre du jour dans la mesure où nous commençons à travailler nos parties respectives, à recruter les musiciens manquants (Bassiste, Claviériste), et à nous renseigner sur le matériel à acquérir. Mais aucune set-list n'est encore arrêtée et je ne suis pas vraiment convaincu du bien fondé d'intégrer des reprises au répertoire d'un Groupe-Concept comme QANTICE qui aura pour mission, à l'instar de RHAPSODY OF FIRE, de plonger son audience dans un monde précis et cohérent d'un bout à l'autre de son spectacle. Ceci dit, je me réserve le droit de changer d'avis si les autres membres de la troupe réussissent à me convaincre du contraire. It's ShowTime: Avez-vous un Projet de Tournée, allez-vous passer en Belgique ? Avez-vous des relations avec des Organisateurs belges ? T. BEAUFILS : Aucun projet de tournée, non. Les premiers concerts seront sans doute des événements ponctuels en première partie de groupes à l'expérience et au répertoire plus importants. Évidemment, ce sera une grande joie que de jouer devant le public Belge qui est l'un des plus joyeux que je connaisse. Quant aux relations avec des Organisateurs, de Belgique ou d'ailleurs, elles n'en sont qu'à leurs balbutiements, mais ne voulant pas mettre la charrue avant les boeufs, ce n'est qu'après les préparatifs dont je parlais dans ma réponse précédente que nous leur proposerons nos services. Sachez, enfin, que depuis le 20 Mai 2010, QANTICE a – officiellement – déniché un nouveau Bassiste. Il s'agit de FRED CHARPENTIER ! En espérant que, grâce à son intégration dans le Groupe, QANTICE pourra entamer une Tournée... et, pourquoi pas, passer en Belgique ! WE HOPE SO... Un grand merci, à Tony Beaufils... (ainsi qu'à Alain Ricard de Brennus Music), pour cet interview... Propos recueillis par M. Van Hoey ......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
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